Par Brigitte L’Homme, ancienne représentante pharmaceutique, femme passée par là, créatrice de la méthode DRAGONS
En bref : cheveux qui tombent à la ménopause
- La chute de cheveux à la ménopause est causée par la baisse des œstrogènes et l’augmentation relative des androgènes : c’est de la biologie, pas un manque de soin.
- Elle prend la forme d’un éclaircissement diffus, surtout sur le dessus du crâne, pas d’une calvitie au sens masculin.
- Le cortisol chronique est le facteur aggravant le plus sous-estimé : le stress amplifie directement la chute.
- Une carence en fer ou en zinc est souvent en cause : un bilan sanguin peut changer la donne.
- Des solutions naturelles concrètes existent : huile de ricin, nutrition ciblée, réduction du cortisol, compléments adaptés.
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Ce matin où j’ai regardé ma brosse différemment
Il y a un matin où j’ai regardé ma brosse à cheveux et j’ai compté. Pas par obsession. Par inquiétude.
Les cheveux qui tombent lors d’un brossage normal, on n’y fait pas attention. Mais à un moment, j’ai eu le sentiment que c’était plus qu’avant. Que les poignées de cheveux dans la douche étaient plus fournies. Que mon volume avait changé.
Ce qui m’a rassurée, c’est d’avoir compris ce qui se passait biologiquement. Parce qu’une fois qu’on comprend le mécanisme, on arrête d’imaginer le pire. Et on peut agir.
La chute de cheveux à la ménopause est réelle, documentée, et très répandue. Elle touche une grande majorité des femmes à des degrés divers. Et elle a des causes précises, qui ont des réponses naturelles précises.
Pourquoi les cheveux tombent à la ménopause
Le déséquilibre estrogènes/androgènes
C’est le mécanisme central. Avant la ménopause, les œstrogènes sont dominants. Ils allongent la phase de croissance des cheveux, maintiennent leur épaisseur et leur densité.
Quand les œstrogènes baissent, les androgènes, ces hormones masculines présentes en petite quantité chez toutes les femmes, deviennent relativement plus dominants. Ces androgènes peuvent miniaturiser les follicules pileux : le cheveu qui pousse devient plus fin, plus court, et finit par ne plus pousser du tout sur certaines zones.
Ce n’est pas une calvitie au sens masculin. C’est un éclaircissement diffus, souvent sur le dessus du crâne et dans la raie. L’ensemble du volume diminue progressivement.
Le cortisol, l’ennemi silencieux des cheveux
C’est le facteur le plus sous-estimé dans la chute de cheveux à la ménopause.
Le stress chronique élève le cortisol en continu. Ce cortisol élevé perturbe le cycle de croissance des cheveux et accélère leur passage en phase de repos, puis de chute. Une femme qui traverse une ménopause stressante, professionnellement ou émotionnellement, perd souvent beaucoup plus de cheveux qu’une femme dans les mêmes conditions hormonales mais plus sereine.
Ce n’est pas dans la tête. C’est de la biologie.
Et il y a un décalage temporel à connaître : un choc émotionnel intense, une période de surmenage, un deuil, peut provoquer une chute de cheveux visible 2 à 3 mois après l’événement. Si tu perds des cheveux aujourd’hui, demande-toi ce qui s’est passé il y a 2 à 3 mois dans ta vie.
Les carences : fer, zinc, protéines
C’est souvent là que se trouve la solution.
Le fer : c’est la première carence à vérifier. Une ferritine basse, même sans anémie déclarée, est une cause fréquente et réversible de chute diffuse chez les femmes. Beaucoup de femmes ont une ferritine dans les normes basses du laboratoire, qui sont trop larges pour une santé optimale des cheveux. Un taux de ferritine idéal pour les cheveux se situe entre 70 et 100 ng/mL.
Le zinc : il régule la production de sébum et soutient directement la croissance des follicules. Sa carence est fréquente et souvent ignorée. Attention : un excès de zinc peut bloquer l’absorption du cuivre. Ne pas supplémenter sans avoir vérifié le taux.
Les protéines : les cheveux sont faits de kératine, une protéine. Sans apport protéique suffisant, ils poussent moins bien et tombent davantage. À la ménopause, les besoins en protéines augmentent et sont souvent sous-estimés.
« La chute de cheveux à la ménopause n’est pas une fatalité. C’est un signal biologique. Il dit : quelque chose a changé dans mon équilibre hormonal, et certains leviers méritent d’être activés. L’arrêter complètement n’est pas toujours possible. La ralentir et améliorer la qualité de ce qui pousse, oui. »
Brigitte L’Homme, créatrice de la méthode DRAGONS
Le traitement naturel des cheveux à la ménopause
1. L’huile de ricin sur le cuir chevelu
C’est le geste le plus documenté pour stimuler les follicules pileux et améliorer la densité.
L’huile de ricin est riche en acide ricinoléique, qui améliore la microcirculation du cuir chevelu et nourrit directement les follicules. Elle est épaisse : dilue-la avec de l’huile de jojoba (50/50) pour faciliter l’application.
Protocole : massez 20 à 30 minutes avant le shampooing, 1 à 2 fois par semaine. Massez en mouvements circulaires sur tout le cuir chevelu. Résultats visibles en 6 à 8 semaines de pratique régulière.
2. Nourrir les cheveux de l’intérieur
Protéines à chaque repas : œufs, poissons, légumineuses, viandes de qualité. Sans protéines suffisantes, les solutions externes auront peu d’effet.
Fer via l’alimentation : viandes rouges, lentilles, épinards, boudin noir. Toujours consommer la source de fer avec de la vitamine C pour améliorer l’absorption. Café et thé bloquent l’absorption du fer : ne pas en boire dans l’heure qui suit le repas.
Zinc : huîtres, graines de courge, noix de cajou, viande de bœuf. Le zinc alimentaire est toujours préférable à la supplémentation, sauf en cas de carence avérée.
Biotine : jaune d’œuf, noix, amandes, avocat. La biotine soutient la production de kératine. La supplémentation n’est utile qu’en cas de carence réelle.
3. Réduire le cortisol : le levier le plus oublié
Si tu ne travailles pas sur le stress, les autres solutions auront un effet limité.
La cohérence cardiaque 3-6-5 (3 fois par jour, 6 respirations par minute, 5 minutes) réduit le cortisol de 23 à 46 % en quelques semaines. C’est le geste le plus simple, le mieux documenté, et le plus sous-utilisé pour les cheveux. Application gratuite : Respirelax+.
Si tu souffres aussi de fatigue à la ménopause, sache que la cause est souvent la même : les surrénales épuisées par le cortisol chronique. Traiter l’un, c’est traiter l’autre.
4. Les compléments ciblés
À envisager après un bilan sanguin, pas en aveugle :
Fer bisglycinate : forme la mieux absorbée, sans constipation. Dose selon prescription médicale.
Zinc bisglycinate : 15 à 25 mg par jour. Jamais sans avoir vérifié le taux, et jamais à long terme sans suivi.
Biotine : 2 500 à 5 000 μg par jour en cure de 3 mois. Efficace uniquement en cas de carence.
Silice organique : soutient la structure de la kératine et du collagène. 1 ampoule par jour, cure de 3 mois.
Compléments spécifiques « cheveux ménopause » : il en existe de bonne qualité en pharmacie. Vérifie qu’ils contiennent fer, zinc, biotine, silice et vitamine C. Évite ceux qui contiennent uniquement de la biotine.
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La question des cheveux blancs : choisir, pas subir
La ménopause accélère souvent le grisonnement. Les œstrogènes influencent indirectement la production de mélanine. Leur baisse peut précipiter ce processus.
Et là, chaque femme a son propre chemin.
Certaines portent les cheveux blancs magnifiquement et les vivent comme une libération. C’est un choix pleinement légitime. D’autres, comme moi, ont besoin de se colorer pour se sentir elles-mêmes. C’est aussi un choix pleinement légitime.
Ce que je peux te dire sur mon expérience : j’ai essayé d’assumer pendant un an, sous l’impulsion de mon conjoint. La transition était facile physiquement, j’avais les cheveux courts. Mais j’avais du mal avec l’image que je me renvoyais dans le miroir. J’ai repris les couleurs, en blond. Ce n’était pas simple non plus : quand on est plus sel que poivre, se faire blondir demande une technicité particulière. Plusieurs tentatives, plusieurs déceptions. Finalement j’ai trouvé le bon salon.
Le message que je veux faire passer : ta décision doit venir de toi, pas de la pression sociale dans un sens ou dans l’autre. Ni « assume tes cheveux blancs » ni « cache ton âge ». La bonne question est : qu’est-ce qui te fait te sentir toi quand tu te regardes dans le miroir ?

Quand consulter un médecin ou un dermatologue ?
Les solutions naturelles suffisent dans la majorité des cas de chute liée à la ménopause. Mais certaines situations méritent un avis médical :
Une chute soudaine et importante : une perte rapide de plus de 30 % du volume en quelques semaines doit être explorée médicalement. Elle peut signaler une hypothyroïdie, une maladie auto-immune, ou une carence sévère.
Une chute localisée : si la perte touche des zones précises plutôt que d’être diffuse, il peut s’agir d’une alopécie de contact ou d’une pelade, qui nécessitent un traitement dermatologique spécifique.
Aucune amélioration après 6 mois de leviers naturels : si tu as travaillé sur le cortisol, corrigé les carences, et amélioré la nutrition sans résultat visible, consulte. Un dermatologue peut prescrire des traitements locaux (minoxidil) ou des bilans hormonaux complémentaires.
Si tu souffres aussi de brouillard mental ou de fatigue persistante, demande un bilan thyroïdien complet. L’hypothyroïdie et la ménopause partagent de nombreux symptômes, dont la chute de cheveux.
Ce que j’ai appris : les cheveux racontent quelque chose
Les cheveux sont souvent les premiers à signaler un déséquilibre dans le corps. Pas forcément un problème grave, mais un ajustement nécessaire.
Quand j’ai compris que ma chute de cheveux était un signal, et non une punition, tout a changé. Ce n’était pas mon corps qui me trahissait. C’était mon corps qui me disait : quelque chose mérite ton attention.
Les femmes que j’accompagne dans la méthode DRAGONS me rapportent régulièrement qu’après quelques semaines de travail sur le cortisol et la nutrition, leurs cheveux reprennent de la densité. Pas comme par magie. Comme par biologie.
La ménopause n’est pas la fin de tes beaux cheveux. C’est une invitation à les nourrir autrement.
À retenir : traitement naturel de la chute de cheveux à la ménopause
- Vérifier les carences en priorité : ferritine, zinc, protéines. Un bilan sanguin peut tout changer.
- Huile de ricin sur le cuir chevelu : 30 minutes avant le shampooing, 1 à 2 fois par semaine.
- Réduire le cortisol : cohérence cardiaque 3-6-5, sommeil de qualité, gestion du stress. C’est le levier le plus oublié.
- Protéines à chaque repas : œufs, poissons, légumineuses. Les cheveux sont de la kératine : sans protéines, pas de solution.
- Consulter si la chute est soudaine, localisée, ou sans amélioration après 6 mois de leviers naturels.

Questions fréquentes sur les cheveux qui tombent à la ménopause
Pourquoi mes cheveux tombent-ils autant à la ménopause ?
La chute est causée par la baisse des œstrogènes et l’augmentation relative des androgènes, qui miniaturisent les follicules pileux. Le cortisol chronique aggrave ce processus. Des carences en fer, zinc ou protéines jouent souvent un rôle complémentaire. Ce n’est pas irréversible.
Quel traitement pour les cheveux à la ménopause ?
Les traitements naturels les plus efficaces : huile de ricin sur le cuir chevelu (1 à 2 fois par semaine), réduction du cortisol (cohérence cardiaque), nutrition riche en protéines et fer, compléments ciblés (fer bisglycinate, zinc, biotine, silice) après bilan sanguin. Si aucune amélioration en 6 mois, consulter un dermatologue.
La chute de cheveux à la ménopause est-elle permanente ?
Non, dans la plupart des cas. Elle est liée à la transition hormonale et peut s’atténuer quand le corps se stabilise en postménopause. Avec les bons leviers, la densité peut s’améliorer significativement. La chute totale type calvitie masculine est très rare chez la femme.
Quelle vitamine prendre pour les cheveux à la ménopause ?
Pas de vitamine miracle. L’approche doit être globale : vérifier les carences (fer, zinc) avant de supplémenter, augmenter les apports en protéines, et travailler sur le cortisol. La biotine n’est utile qu’en cas de carence avérée. Le complexe vitamines B (B6, B9, B12) soutient aussi la santé du follicule.
Le stress peut-il vraiment aggraver la chute de cheveux à la ménopause ?
Oui, biologiquement. Le cortisol chronique perturbe le cycle de croissance des follicules et précipite la chute. Et il y a un décalage de 2 à 3 mois entre le stress et la chute visible. Si tu perds beaucoup de cheveux en ce moment, demande-toi ce qui s’est passé il y a 2 à 3 mois. La réponse est souvent là.
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